La mouche de la carambole, connue scientifiquement sous le nom de Bactrocera carambolae, a déclenché une déclaration d’urgence phytosanitaire par le ministère brésilien de l’Agriculture dans des États comme Amapá, AmazonePará et Roraima.
Ce ravageur, catalogué parmi les plus dangereux dans la culture fruitière, menace les plantations et suscite des inquiétudes dans la communauté agricole.
La vérité sur la « mouche maudite »
L’appellation « putain de mouche » est associée à sa capacité de reproduction extraordinaire par rapport aux autres mouches des fruits.
Alors que certaines espèces pondent au maximum deux œufs dans un fruit, la mouche carambole peut pondre jusqu’à 48 œufs dans le même fruit, ce qui en fait une menace considérable pour la production fruitière.
Malgré son nom, cette mouche ne se limite pas aux caramboles ; elle affecte plus de 20 variétés de des fruits au Brésil, notamment les mangues, les goyaves, les acérolas, les mandarines, les noix de cajou, les pitangas, les oranges et même les fruits amazoniens, comme le taperebá, le biribá, l’ajuru et l’abiu.
Bactrocera carambolae provoque des pertes dans le secteur. – Image : Wiki Commons/Reproduction
Bien qu’elle ne soit pas originaire du pays, la mouche carambole n’a pas d’ennemis naturels pour contrôler sa population, ce qui génère des pertes importantes pour les agriculteurs, les exportations de des fruits et l’approvisionnement alimentaire des communautés locales.
À ce jour, aucun risque direct pour l’homme n’a été identifié. Des experts, comme le docteur en maladies infectieuses Flor Espinosa, chercheur à Fiocruz Amazônia, soulignent qu’il n’existe aucune preuve que la mouche puisse transmettre des maladies à l’homme.
Malgré cela, l’inquiétude suscitée par ce ravageur a conduit à déclarer l’état d’urgence phytosanitaire, mesure prise lorsqu’il existe un risque d’apparition d’un foyer ou d’un Épidémie d’un organisme nuisible agricole, permettant une inspection accrue par le ministère de l’Agriculture.
Actuellement, la mouche de la carambole est limitée aux États d’Amapá, Pará et Roraima. Cependant, Amazonas a été incluse dans l’état d’urgence en raison de rapports faisant état d’épidémies près de la frontière avec le Pará et du flux important de voyageurs et de produits en provenance de Roraima.
Originaire d’Indonésie, la mouche de la carambole s’est posée en Amérique du Sud à travers le Suriname en 1975, et ses premiers signalements au Brésil remontent à 1996, à Amapá.
Il est actuellement présent dans le nord du Brésil, au Suriname, en Guyane et en Guyane française, représentant une menace constante pour la culture fruitière de la région.
La lutte contre ce ravageur s’effectue grâce à une surveillance avec des pièges stratégiques contenant des phéromones attractives pour les mouches.
Ces pièges permettent une identification précoce des foyers de mouches des caramboles, facilitant ainsi l’application de mesures de lutte, notamment l’utilisation d’insecticides et l’élimination des fruits infectés.
Ô ministère de l’Agriculture recommande que les fruits endommagés par des larves ou infestés de mouches soient signalés aux agences d’inspection étatiques et fédérales pour un contrôle plus efficace de ce ravageur qui menace la production agricole brésilienne.
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